Ecaussinnes

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Dernière Modification le : 14/05/05

Le 24 mai 2003 avait lieu le 16th Spring Blues Festival à Ecaussinnes en Belgique.

Content, cette année d’être accompagné par Pascal, pour partager cette édition 2003 du fameux Spring Blues Festival d’Ecaussinnes en Belgique, nous avons tous les deux vécus, au-delà de la qualité de la programmation, des moments privilégiés enrichies par de biens belles retrouvailles… En vrac et en espérant n’oublier personne : Marc Loison, Francis Delvaux sans Malika Ben Brahim retenue par ses activités d’adjointe bourgmestre, Josiane et Joël Bizon, Jacques Périn, Georges Lemaire, Dominique Floch et Norman Rosaia, Michel «Pacific» Rémond, Christian Boncour, Elmore D, Henk Van der Spyt et sa toute jeune progéniture, en plus de plusieurs centaines d’autres personnes réunies sous un chapiteau installé dans une plaine de jeux rapidement transformée en bourbier dans sa partie herbeuse, compte tenu des conditions climatiques pluvieuses…

Tout le monde se retrouve dés le début d’après midi pour assister à douze heures de concert non-stop aux têtes d’affiches quasiment toutes américaines, donc voici quelques échos chronologiques qui résonnent encore dans mon esprit…

C’est dans une ambiance lourde et chaude que les trois derniers morceaux (nous sommes arrivé avec une trentaine de minutes de retard !) des guitaristes Roy Roberts et Mark Van Mourik nous plongent irrémédiablement dans un climat Soul et Rhythm and Blues, logique quand on sait que le premier à accompagner Otis Redding et que le second a enregistré avec Taj Mahal. L’averse orageuse qui tomba ne sera pas suffisante pour rafraîchir l’atmosphère… L’arrivée sur scène de Big Jack Johnson et de ses musiciens, non plus ! 

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Au contraire, dans un répertoire «Roots» communicatif et profond, entre Blues du Delta et Boogie furieux, BJJ s’impose en chanteur inspiré et guitariste avisé. Pour l’occasion, l’harmoniciste de Boston, Keith Dunn, lui rendit la politesse en échangeant quelques savoureux phrasés, auxquels les deux français présents, Thibault Chopin à la basse et Frank Goldwasser à la seconde guitare ainsi que le batteur Marty Wickers participèrent avec talent… Une bien jolie brise caressa ma nuque et ne laissait rien prévoir de l’ouragan de décibels qui s’abattit ensuite…

En effet, le Soul Funk survitaminé de Big James et ses Chicago Playboys apporta l’étincelle nécessaire pour transformer l’assistance en brûlot incandescent ! Une claque phénoménale !

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A commencer par le sens du show inné des six protagonistes, une section rythmique qui prend aux tripes, les arrangements des cuivres rutilants et somptueux, des constructions de morceaux étonnantes et hallucinantes, un chant comme à la grande époque de la Motown, un son énorme qui décalamine les cages à miels… Pour Pascal : «la grande classe», pour moi : «une révélation» qui finit en apothéose avec une version, aussi inattendue que délirante, de Smoke on the water de Deep Purple, cuivrée à souhait ! Quelques tartines de houblons furent indispensables à me remettre d’aplomb…

Il fallait être costaud pour passer après, le Down Home Super Trio composé, de deux guitaristes et d’un harmoniciste, en l’occurrence Steve Freund et Franck Goldwasser (de nouveau !) en soutien de RJ Mischo, chantant à tour de rôle, réussirent malgré tout à retenir l’attention du public… 

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Une prestation principalement mise en valeur par le «Mississippi Saxophone» de RJ Mischo, les guitares s’employaient principalement en rythmique. RJ Mischo s’appropria la grosse caisse installée sur scène, et finit, seul au chant et à l’harmo, en distillant un Blues authentique du meilleur effet. 

Après ce passage d’éclaircies successives, les rayons du soleil promettaient de s’imposer avec le Soul Blues de Sharrie Williams and The Wiseguys
J’étais malheureusement de ceux qui n’avait pu pénétrer en novembre dernier dans la petite salle du Blues Estafette d’Utrecht pour le concert de cette dernière. 

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Je ne voulais la louper, cette fois ci, pour rien au monde, certains allant même jusqu’à dire que son concert d’alors fut le meilleur du Festival. Ceci étant dit, j’ai effectivement été subjugué par la prestance scénique de la Dame, chanteuse d’exception à la voix torride et gospelisante, nourrie d’émotions pures, renforcée par de stimulantes mimiques, entourée de jeunes musiciens très talentueux, débordant d’énergie… Toutefois, la surenchère de ses accompagnateurs, jamais avare d’effets «tape à l’œil», ne me semblait pas nécessaire pour rendre le spectacle plus attrayant… Le public debout se laissa transporter et chavira dans un bonheur total en alchimie complète avec la prestation proposée et c’est bien là, le principal… Une étoile est née qui brillera longtemps au firmament… 

Contraste évident avec la formation du Belge Marc Thijs, plus connu sous le nom de Tee, qui préparait le terrain avant la montée sur scène de la figure emblématique du West Coast, Monsieur James Harman. Une fois de plus, Tee, s’est montré à son avantage, chant alerte et posé, jeu de guitare sans démonstration superflue et inventif à la fois, ses musiciens également. 

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Yann Boockaert aux saxophones baryton et alto nous gratifia d’interventions vertigineuses et lumineuses, Ernesto Zvar distribua de son orgue des nappes légères et salvatrices, soutenus par une rythmique basse-batterie détonante. La tornade annoncée, fut effective, quand le cyclone James Harman souffla dans ses harmonicas et entonna ses premières chansons mises en valeur par la foudre de la six cordes de Tee

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Un respect mutuel, une complicité évidente, une admiration contenue, deux véritables talents et des frissons à profusion… Un raz de marée secoua violemment le chapiteau, qui tanguait de toute part et conservait tant bien que mal le cap…

En ce qui nous concerne, direction le resto, l’appel de l’estomac fut plus fort, ce qui nous fit zapper, le concert de Shemekia Copeland et nous permit de rester sur une bonne impression… Je rigole… Mais c’était en fait la troisième fois que je voyais la fille de Johnny, alors bon… Une programmation qui fut généreuse et d’une grande diversité, dans une ambiance bon enfant et conviviale ou la bière a coulé à flot… A défaut de me répéter, le Spring Blues est un festival essentiel et nécessaire qui mérite vraiment d’être vécut.

C’est la tête pleine d’images colorées et les bottes copieusement maculées de boue, 

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que nous quittions les lieux tout simplement heureux d’avoir été présent à ce prélude aux festivals de l’été, où ciel bleu, chaleurs caniculaires, short et tong, fifilles dénudées et surtout Cahors et Cognac nous attendent…

Lucky Jean Luc

Roy Roberts et Mark Van Mourik
Nous n'en avons vu qu'un petit bout, pas assez pour se faire une véritable oppinion, mais bien assez pour avoir envie d'y retourner.

Big Jack Johnson
Un très bon show, sans surprises un peu conventionnel mais très bon.

Big James et ses Chicago Playboys 
Leur style est un peu trop Funk pour que je soit vraiment emballé mais quelle classe. Mise en place des cuivres qui en plus font quelques pas de danse dans un ensemble parfait. Bravo, une vrai grosse surprise.

Down Home Super Trio
C'est probablement la seule prestation qui m'ai vraiment déçu. Réunir des musiciens de talent pour faire des rythmiques aussi lourdes, quel dommage.

Sharrie Williams and The Wiseguys
Une super chanteuse et de très bon musiciens. Un show plutôt conventionnel mais les démonstrations techniques ont fini pas me saouler.

James Harman 
Tee m'avais déjà subjugué à Cognac là il m'a détruit. Que ce soit au niveau mélodique ou rythmique, il est toujours là où on ne l'attendait pas et a chaque fois on se dit qu'il ne pouvait pas trouver mieux. Pour James Harman je n'arrive pas à trouvé les mots. J'ai passé tous le show en état second. La très très grande classe.

Shemekia Copeland 
L'estomac est parfois plus fort, et aprés Harman je crois que j'aurai eu du mal à écouter quoi que ce soit.

Pascal

Le 25 mai 2002 Jean Luc s'est transporté en Belgique pour le Spring Blues Festival d'Ecaussinnes

Je me suis caler cette fameuse journée de fin mai pour aller découvrir le Festival de Blues d’Ecaussinnes et sa 15eme édition (super-marathon de prés de 12 heures de concert !). Pour être certain de ne pas rater le début du programme commençant dés 14h ce samedi, je suis arrivé en Belgique, vendredi en fin d’après midi, pour passer la soirée chez mon pote Christophe L. et sa compagne, Eve. Totophe se propose de m’accompagner pour partager ce long périple musical… Après une succulente soirée à Mons à refaire le monde le tout accommodé de quelques substances apéritives, nous prenons le chemin d’Ecaussines, non sans avoir déjeuner chez le " grec ". Il est 14h30, la scène installée sous un grand chapiteau, a été investi par le pianiste américain au look fifties, Carl " Sonny " Leyland et le batteur Bob Dartsch qui distillent un Boogie-Woogie de très bonne facture. Le pianiste belge Renaud Patigny (régional de l’étape) viendra prendre la place de son collègue. Il se montrera très démonstratif, se plaçant même debout au milieu des 2 claviers face au public pour mieux alimenter ces chorus… Les 3 compères se retrouvent sur scène pour un final époustouflant ou Carl et Renaud bondissent d’un clavier à l’autre. Le public est conquis et je le suis aussi…

Le Dave Riley Band, emmené par une belle section rythmique, nous présente un leader, qui a passé 25 années au pénitencier… comme gardien. Il s’exprime avec des qualités vocales certaines, des mimiques rappelant Buddy Guy, un jeu de guitare influencé par Jimmy Reed. Son style particulier se manifeste autant sur des titres très Chicago que sur des chansons issues d’un répertoire moins Bluesie comme cette version d' Imagine de John Lennon…  I feel allright chante Dave Riley, l’assemblée est à l’unisson…

Nous arrivons à la fin du 1er quart du programme, je gère l’après midi en m’abreuvant de quelques bonnes bières locales, toujours avec modération… Hum, à la votre ! ! !

Une vingtaine de minutes plus tard, Jerry Waddel prend en main l’affaire, superbe chapeau rivé sur la tête et longue barbe grise rutilante. Assis au milieu de la scène, il s’impose tel un chef de famille, soutenu par son frère et son fils, à la basse et à la batterie. Le clavier (qui me semble être celui qui accompagnait Roy Gaynes à Caen en Mars) s’octroie une place légitime dans le " combo ". Alternant ballades mélancoliques et chansons fermes et grasses, il perpétue le Blues, teintées de belles couleurs sudistes repoussant les frontières au plus loin… J’oublie le temps, les gens et l’espace, je sens la musique pénétrer par tous les pores de ma peau au plus profond de mon corps… C’est jubilatoire ! ! !

Pour atteindre la moitié de ce 15e Spring Blues, Mojo Buford est associé au Daniel Smith Blues Band pour nous gratifié d’une session très Roots. Les standards se multiplient Hoochie Coochie Men, authentique et original. Le chanteur-harmoniciste (de bientôt 73 printemps), ancien compagnon de route de Muddy Waters, s’approprie la musique de Mc Kinley Morganfield avec talent et générosité… Son " band " britannique n’est pas en reste, autour du piano virevoltant de Tim Richards et de ses acolytes expérimentés. Les gens présent en redemandent enthousiasmés par le chant puissant de Mojo Buford. Le spectacle se clôture par une standing ovation du plus bel effet et l’homme du Mississippi a bien du mal à quitter le feu des projecteurs devant un auditoire en liesse ! ! !

Il est bientôt 20h, déjà plus de 5 heures de " live ", la fatigue commence à se faire sentir, la gorge est (relativement) sèche et l’estomac se creuse. Le temps d’avaler une " pita " à la viande, c’est au tour de Tom Principato et son Powerhouse de s’essayer devant une galerie connaisseuse et joviale. Pour le coup, Tom est flanqué de Greg " Fingers " Taylor a l’harmo qui se révèle être un véritable phénomène du genre. Le Country-Blues-Rock de l’ancien partenaire de Jimmy Thackery se manifeste en modernité et en innovation même si je le trouve parfois un peu déroutant. J’accroche plus sur les titres swinguant que sur certains plans dans le style "Guitar Hero" à la "Satriani", à la "Melvin Taylor" ou à la "Santana" (excuser du coquetails !). Si la maîtrise technique est acquise, l’excès de notes me paraît préjudiciable et nuire à l’émotion. Toutefois le public est en délire et n’a peu de considération pour mon esprit(trop) étroit…

S’il y a bien quelque chose d’ouvert en moi : c’est l’appétit. Nous décidons d’aller nous restaurer, je m’offre une "Salad Bar" à volonté, ce qui me fera zapper la quasi-totalité du concert de Mississippi Heat, même si nous avons pu assister à la retransmission du concert en direct sur un écran de télé dans le resto ne nous sentant ainsi totalement isolés ! Je suis sincèrement désolé de pas être en mesure de vous narrer au mieux la prestation de ce groupe qui passait ici pour la 3eme fois, après 1994 et 2000. Autour du leader français, Pierre Lacocque au chant et à l’harmo, la formation avait invité pour l’occasion Carl Weathersby (déjà vu avec le "Chicago Blues Festival") et l’immense joueur de "ruines babines" Peter "Madcat" Ruth ; la chanteuse Inetta Visor apporta une belle touche de sensualité à l’ensemble…

Si la programmation du festival a donner une place particulière aux harmonicistes sans pour autant délaisser les autres instrumentistes, le Kim Wilson Blues Revue en est l’illustration. Le fondateur des Fabulous Thunderbirds s’entourent de musiciens de haut niveau, notamment Junior Watson à l’une des 2 guitares et Gene Taylor au clavier et à l’orgue, consommant un "barreau de chaise" tout au long du set, envoyant l’un et l’autre de nombreux phrasés avec "l’accordéon à bouche" de Kim… pour concocter un "show" chaud-bouillant… Montés sur scène autour de minuit, la formation West Coast a apporté la touche finale à cette exceptionnelle journée tout entière vouée au Blues.

Quelle belle réussite ! ! ! Bravo aux organisateurs !

Il est 1h40 du mat’, nous quittons la "Plaine de Jeux", heureux, fatigués et rassasiés, le tête pleine d’images colorées. Je me demande si la Belgique n’est pas devenu la nouvelle "terre" de la musique du "diable", j’ai ramené un certain nombre de prospectus pour d’autres manifestations Blues dans les semaines à venir en Flandres et Wallonie ! !

J’espère revenir l’année prochaine, en tous les cas, j’ai dégusté une excellente cuvée et j’ai apprécié cette succulente mise en bouche avant Cahors et Cognac, en juillet prochain…

Lucky Jean Luc

 

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