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Acoustic Roots

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Dernière modification le 17 avril, 2006

Acoustic Roots joue aujourd’hui dans une galerie marchande….pourquoi?
Rémy GENTY: Pourquoi pas ! Peu importe l’endroit, le principal est de jouer. En fait cette représentation est une longue histoire, aux rebondissements multiples, le projet existe depuis deux ans à peu prés, et voilà, c’est Acoustic Roots qui est sur la scène aujourd’hui. Le thème de l’organisateur, « les années 60 » nous intéressait, cela semblait bien coller avec notre musique.

Alexandre MIREY guitariste émérite au jeu parfaitement fluide et précis, comment et pourquoi dans ce groupe ?
Alexandre MIREY : Eh bien merci, guitariste émérite, c’est flatteur. En fait tu sais j’ai appris tout seul, ma soif de savoir, ma soif d’apprendre m’a sans doute permis comme la plupart des musiciens, comme Rémy, comme Guillaume, d’obtenir ce niveau. J’ai bien essayé d’apprendre dans une école, mais il me semblait que cela ne m’apportait rien de plus, pis encore quand je suis sorti de l’école un an après, j’avais un regard attristé sur mon travail, je n’étais plus capable de « taper le bœuf » comme on dit dans le milieu, j’étais devenu trop « académique » alors je me suis remis à jouer comme je le sentais et cela pendant un long moment puisqu’à la suite d’une galère de trois ans, j’avais tout mon temps pour peaufiner mon jeu. Cette période a été extrêmement bénéfique pour moi ; loin de me décourager elle m’a permis d’être à nouveau moi-même, de jouer ce que j’aimais avant tout.

Acoustic Roots c’est du Blues, du Folk, du Bluegrass, et c’est aussi du Dylan. Ce n’est quand même pas commun aujourd’hui ?
Guillaume PETIT: En fait je pense qu’il y a un grand vide. Force est de constater que la musique « Rock » a été perçue la plupart du temps comme une musique et une chanson de divertissement. Dylan lui, a montré que la musique pouvait être à la fois entraînante et non anti-intellectuelle. Il a su y insuffler la Conscience Sociale, à partir de la musique de Woody Guthrie et de tous ces gens de l’époque. La force de Dylan a été de faire de créer une musique entraînante, diffusable auprès du grand public, tout en véhiculant des textes d’une richesse extraordinaire. Hank Williams, mort en 1953 à l’âge de 29 ans, a lui aussi influencé la musique de Dylan, et fut en quelque sorte le pont entre la musique traditionnelle et le Rock and Roll.

Guillaume, tu sembles être très attaché aux messages, aux textes que véhicule la musique de Dylan, c’est important pour vous ?
Guillaume PETIT: Oui, en effet. Chez Dylan on trouve cette symbiose essentielle entre le texte et la musique. Pour moi la chanson est un art à part ; ce n’est ni une poésie chantée, ni une musique sur laquelle on greffe des paroles. En outre, je peux paraître emmerdant pour les gens avec qui je travaille, mais c’est ainsi : je n’aime pas les erreurs de texte, les erreurs d’anglais. J’essaie de cette façon de rendre hommage à ceux qui nous ont ouvert la voie : la CarterFamily, Jimmie Rodgers, Hank Williams, etc., tous ces gens très en avance sur leur temps (Hank Williams a par exemple écrit de nombreuses chansons sur la séparation des couples, le divorce et la douleur d’un parent privé de ses enfants (« Mon Fils Appelle Un Autre Homme Papa »), thèmes plus difficiles à aborder dans les années 40 qu’aujourd’hui). L’essence de notre musique n’est pas du divertissement, il faut à mon sens respecter l’intention de l’auteur et son côté original. Par exemple, si l’on voulait faire un parallèle avec l’adaptation d’un bouquin, il ne viendrait à personne l’idée de massacrer la trame du livre….tu comprends ? C’est comme ça que je conçois le travail de Acoustic Roots.

Comment te viennent les inspirations ?
Guillaume PETIT: Je les puise essentiellement dans les musiques des années 20 à 50. Si tu écoutes bien ce qui a été créé par les gens à cette période, tu t’aperçois en fait que les thèmes abordés sont tout à fait parlants pour notre époque actuelle.

Acoustic Roots, lorsque vous vous produisez sur scène, vous faites l’historique des musiques, c’est si important pour vous ?
Guillaume PETIT: Absolument. Je pense fondamentalement que le problème de certains groupes actuels est de ne pas se souvenir d’où ils viennent, de ne pas se souvenir de la racine de leur musique. Je ne veux pas dire qu’il faut toujours regarder en arrière…..je dis simplement qu’il me semble nécessaire de savoir utiliser la richesse du passé. Il me semble que dans les années 60, le Rock avait engagé cette démarche, seulement depuis les techniques de son ont évolué, mais pas les techniques d’écriture. Le concept de « Star » qui s’est développé à cette époque a fait oublier une chose essentielle : les artistes sont mortels et ne font que passer alors que les chansons leur survivent. Comme le dit Dylan lui-même, « ce n’est pas moi que les gens viennent applaudir, ce sont les chansons… » ; à méditer par les Stars en herbe…

Acoustic Roots milite-t-il pour une culture particulière ?
Guillaume PETIT: Chacun d’entre nous a sa propre culture, nous venons d’horizons différents. La musique du Delta, la musique des Appalaches et pour Rémy la Pop…. nous sommes en fait très complémentaires les uns les autres et chacun est très attaché à ses racines verticales. Ce que l’on essaie de faire avec la musique d’Acoustic Roots, que ce soit le Blues, le Folk, le Bluegrass et la musique de Dylan, c’est justement de conserver ce fil conducteur émanant du Mississipi, nous faisons en sorte que les gens qui nous écoutent activent leur mémoire ; les musiques à textes racontent ce qui s’est passé à un instant T, c’est la mémoire de notre passé comme de notre présent.

Guillaume, je t’ai entendu définir Acoustic Roots comme un « petit groupe », peux-tu préciser ?
Guillaume PETIT: Oui, c’est exact. Par « petit groupe », je pense forcément à nous tous qui jouons sans artifices dans les bars ou les petites salles de spectacles, là où la magie qui a forgé nombre de styles opère, loin des mega-shows hyper organisés. Et je pense que Dylan par son énergie a su recréer sur des grandes scènes cette relation quasi-mystique avec le public, qui même lorsqu’il s’agit de dizaines de milliers de personnes, n’est jamais une vague entité mais bien des oreilles qui écoutent ; en tout cas, j’espère…

Rémy, y avait-il une motivation principale pour que Acoustic Roots se produise dans cette galerie marchande ?
Rémy GENTY: Non bien sûr, tu sais qu’aujourd’hui les occasions de se produire ne sont pas si légion que cela. Il faut cependant que la prestation demandée corresponde à notre philosophie, en cela je dirais que tout est bien qui finit bien. Nous avons « jeté en pâture » notre musique. Nous souhaitions que les gens la découvre ou redécouvre pour certains cette conscience vécue à un moment ou à un autre de leur existence. En cela nous sommes satisfaits ; j’ai entendu plein de gens nous témoigner leur satisfaction, et nous en sommes plutôt agréablement surpris. Comme quoi Dylan ne s'est pas trompé dans ses textes.

Ce n’est tout de même pas facile de se produire dans ce contexte quand on fait la part belle à des gens qui représentent le showbiz…
Rémy GENTY: Certes mais tu sais les gens ont très vite fait la différence entre le travail du milieu du spectacle avec les moyens sophistiqués déployés et le milieu authentique des artistes que sont les musiciens. Ils ne se sont pas laissés influencer, la plupart nous ont dit qu’il y avait une âme dans notre prestation et ce que nous voulions faire vivre, partager avec le public. C’est çà la musique de Dylan, c’est çà la musique de Acoustic Roots.

Et l’avenir ?
Rémy GENTY: Nous le souhaitons sous de bons hospices. Nous ne sommes pas un groupe de musique qui change de casquette selon que la mode change. C’est notre force. Peut-être que certains aimeraient nous voir rangé dans un carcan, dans un statut, ce n’est pas notre définition. On doit y veiller….Aujourd’hui c’est très en vogue. Tiens, par exemple, intermittent, pas intermittent…çà veut dire quoi ?

Puisque que tu me tends la perche, tu peux faire partager aux lecteurs de l'Oreille Bleue votre position sur le sujet ? Si vous en avez une….
Guillaume PETIT: Nous ne sommes pas intermittents du spectacle. Nous ne courons pas après ce classement statutaire. Trop souvent, l’intermittence est perçue comme une forme d’accomplissement personnel et professionnel dans le métier. Or ce n’est jamais qu’un régime d’assurance chômage comme il en existe dans les autres professions. Le droit au chômage indemnisé, nous, nous le réfutons au profit du droit au travail. Ce que veulent la plupart des artistes aujourd’hui c’est vivre de leur métier, de leurs prestations, comme vit un salarié de son travail. Quoiqu’il en soit, le dossier des intermittents me paraît mal engagé avec les pouvoirs publics qui je pense vont faire d’une grande partie des intermittents et postulants à l’intermittence des Rmistes (si ce n’est déjà fait…). Et que dire des subventions allouées en France aux producteurs les plus « représentatifs », de quoi d’ailleurs… ?  En dehors du jazz et du classique, il faut bien admettre que c’est la mort du p’tit cheval ! C’est criant d’injustice ! Idem pour les grosses stations de radio FM qui sont, petit à petit, en 20 ans, devenue des agences commerciales à la solde des maisons de disques… pour ceux qui ont connu l’émergence des radios libres et les espoirs qu’on avait fondés en elles, c’est lamentable !

Le mot de la fin pour Rémy peut-être,
Rémy GENTY: Tout est bien qui finit bien: de nouvelles prestations à venir ; peut-être, si on peut, une galette, nous verrons bien; et puis avec des amis comme l'Oreille Bleue…..

Merci à tous les trois et à bientôt …..le 13 juillet prochain, il me semble….
Guillaume PETIT: Oui c’est cela, le 13 juillet au BISTROT PERCIERE à ROUEN à partir de 19h00. Puis le 22 juillet au BATEAU IVRE.

Interview réalisée par Ricky Bluesfeeling le vendredi 03 juin 2005 au centre Saint Sever à Rouen.

 



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